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Heureusement qu'Armand avait gardé des contacts un peu partout, on n'a pas l'affichage du numéro à Erehwon, ça a été l'enfer pour retrouver Lécifer... Après un coup de fil confus et 7 heures de route, toute la famille, sauf Shalimar et Guerlain qui étaient privés de permission, a débarqué dans la contrée verdoyante de Motherlode. Motherlode, c'est un petit état indépendant où tout est vraiment différent...

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Comme les joues toujours roses de la vieille dame qui s'est présentée comme notre tante à toutes les quatre...

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... à qui personne savait trop quoi dire, une fois tous entassés dans son petit salon cosy qui sentait la naphtaline et la verveine, pas plus qu'à l'homme dans le coin qu'elle nous a présenté comme notre cousin Séliko.

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"C'est un beau temps qu'il y a aujourd'hui, y a pas un nuage au ciel !"

Silence. Pe-sant. Pas de doute, c'est bien une réunion de famille...

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"Mais je manque à tous mes devoirs ! Vous voulez des rafraîchissements ?"

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Heureusement qu'il y a toujours mon Armand pour mettre des mots sur tout.

 

" - Excusez-nous d'être un peu muet, il y avait si longtemps qu'on avait perdu votre trace, on n'osait plus même espérer un jour retrouver les aînés de mon beau-père. A vrai dire, avec l'interdiction de chercher à vous contacter qui nous frappait comme elle avait frappé vos parents et vos frères, l'espoir ne nous était pas même permis.
  - Ben c'est clair, moi c'est simple, j'avais jamais entendu parler de vous, c'est pour ça que je vous ai dit au téléphone que je vous connaissais pas !
  - Nous... nous préférons préserver les jeunes générations avant qu'elles soient en âge d'entendre la mémoire familiale...
  - Béh qu'est-ce tu racontes Armand, j'ai quand même 18 ans !
  - Si vous nous racontiez comment vous nous avez retrouvé... Ca nous aiderait à faire connaissance.

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" - Oh ben... moi, vous savez, j'ai jamais vraiment su raconter..."

Nous voilà bien !

"  - Ben c'est pas grave ! Vous avez rien à faire ! C'est un truc qu'il faut savoir, que j'ai appris en 3° année de littérature : quand vous voulez pas raconter, y a un narrateur omniscient qu'est commis d'office. Il raconte tout à votre place, vous avez qu'à le regarder faire !
    - Mais c'est génial ça ! Tu le savais toi, Armand ?
   - Ben nan, tu te doutes bien que je t'aurais gardé pour moi au lieu de te laisser écrire les 45.000 épisodes de ton roman !"

Mouais ben c'est une chance qu'il soit conciliant, le narrateur omniscient suppléant...


A Motherlode, petit état indépendant, la vie et le temps suivaient un cours indépendant. Cette contrée verdoyante, et surtout indépendante, comme on aime à le rappeler, sans jamais s'en lasser, était à part sur la mapmonde, n'ayant pas connu la guerre des Zarbmondes.

"Quelle idée de misanthrope, que de se river l'oeil au téléscope ! Pour développer sa logique, rien ne vaut la pratique et un bel échec et mat, mené en acrobate. Ils l'ont cherché leur guerre, contre ces bonshommes verts !", murmurait-on les jours de marché, les bras lourds de sachets chargés.

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Parmi ces gens bien pensants, se trouvaient Simone et Justin Passant.

 

Ils s'étaient connus il y a longtemps, à l'âge de tout juste 13 ans. Préparant tous deux leur communion, c'était leur première confession. Assis sur le banc, ils avaient le visage blanc, eux qui n'avaient jamais pêché, jamais volé, jamais menti, jamais trahi, jamais désobéi ni convoité le bien d'autrui.

 

"Que dire au bon curé ?" pleurnicha Simone embarrassée, en fouillant dans son passé. Elle avait beau ressasser sa courte vie, elle ne voyait pêché qu'elle avait commis. Mais elle craignait que par omission, elle fasse son premier mensonge en confession. Justin fut tout attendri, il lui sourit et s'enhardit : il prit sa main qui devint toute moite, comme son pantalon entre les pattes. Il tortilla un peu des fesses, mais savait que dire à confesse.

 

Depuis cet heureux jour, où était né leur amour, ils ne s'étaient jamais quittés et s'étaient juré fidélité. Et même si c'était terrible, chaque fois qu'ils lisaient la bible, ce qui arrivait bien vite, chaque soir jusqu'à 18h48, leur venait le souvenir de leur rencontre, sans pouvoir aller à son encontre. Sauf le passage sur le pantalon moite. Ca, c'était bien rangé dans une boîte.

 

Tic tac, tic tac, fait la pendule qui craque.

 

Laisser chaque minute passer tout doucement, c'est s'assurer de vivre plus longtemps, disait-on bien souvent à Motherlode, comme s'il s'agissait d'un code.

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"Oh Justin, 18h59 ! Les infos sur la neuf !"

 

Les Passant aimaient les informations locales, bien plus que les informations nationales, qui arrivaient juste après, à quelques minutes près. A Motherlode, on n'avait pas fait la guerre, il n'y avait pas de quoi s'en faire. Ces histoires de pionniers et de récession, tout ça ne sentait pas très bon.

 

"Laissons les à leur récession, nous sommes mieux dans nos chaussons", disait parfois Justin, dans ses moments crétins.

 

"Je ne comprends pas d'où viennent tous ces tracas ; ici l'économie est florissante comme le beau jardin de ma tante", renchérissait Simone, qui en avait de bien bonnes.

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Justin, qui se levait toujours à l'heure, travaillait comme inventeur. Il était même l'heureux concepteur de leur propre sanibroyeur. Ayant toujours coeur à étendre la liste sage de ses exploits, il voulait même en apprendre l'usage à leur petit chat.

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C'était, au milieu de leur tranquillité, sa petite touche d'excentricité, mais, quoiqu'en disent les commérages, rien qui ne mit en péril son mariage. Simone lui accordait de bon gré ces quelques libéralités, et de son amour indéfectible il était la cible, même quand il était aussi celle de l'hilarité du chat, quand il mimait la selle pour lui montrer où faire caca.

Tic tac, tic tac, fait l'horloge qui craque.

"Je hais le bruit de cette horloge, je hais cet endroit, je déteste tout ça !!!!" hurla un soir Simone. Justin s'étonne. Elle a fait fuir Minou, qui a pris ses jambes à son cou, abandonnant le sanibroyeur dans lequel Justin avait mis tout son coeur. Mais quel vacarme ! Quelle terreur ! Quelle fut donc l'alarme qui déclencha ce détonnateur ?

Tic tic tic tic tic tic, faisait l'horloge biologique ! Car notre brave Simone, quoique Justin souvent la ramone, n'enfilait toujours pas le fameux affreux pyjama. Ils avaient beau essayer chaque soir, dans l'espoir de concevoir, ils étaient toujours déçus et Simone n'en pouvait plus.

Simone et Justin s'en remirent à la bonté divine, sans oublier tout à fait la médecine. La seconde ne leur accorda aucune miséricorde : Simone ne pouvait pas avoir d'enfant, il ne leur restait pas la moindre corde, à laquelle accrocher leur rêve de parent.

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Voir Minou se servir enfin du sanibroyeur, ça ne lui apporta même pas de bonheur. Simone sanglotait le nez enfoui dans l'oreiller, pour éviter de le réveiller.

Après en avoir longuement discuté, ils prirent la décision d'adopter. Le dossier fut rapidement traité, et tout aussi vite accepté : c'était un fait acquis que rien n'érode, quand on vivait à Motherlode.

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Preuve qu'elle était une incapable, doublée d'une irresponsable, l'assistante sociale ne prit pas la peine de montrer qu'elle était saine, en mettant le siège bébé : Lécifer n'était même pas attachée.

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Elle n'écopa même pas d'une amende, y a de la corruption dans l'air si on me demande, mais Justin fit mine de ne pas être choqué, il voulait qu'elle lui laisse le bébé. La petite était indemne, pas la peine qu'il se démène.

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Qu'il était heureux maintenant, le brave Justin Passant !

" - Comment... comment s'appelle mon enfant ?
  - Lécifer !
  - Mais quels monstres étaient ses parents ????
  - Ben pourquoi vous croyez qu'elle est chez vous, vous ?"

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" - Vous voulez changer le prénom, p'têtre !
  - Par tous les saints réunis, oui !
  - Et ça sera quoi, j'ai pas que ça à faire ?
  - C'est que... on ne s'est pas concerté avec Simone, on pensait garder le sien..."

Justin se laissa un peu déborder, et fonctionna par association d'idées. C'est ainsi que de Lécifer, laissant le cheminement se faire, et un peu par dépit aussi, il en arriva à Lucie. Heureusement que sa volonté de fer était restée accrochée à Lécifer. Imaginez qu'il ait associé ses idées à l'aussi, elle se serait prénomée Félicie. Encore que de toute la bande, cela valait mieux que Fernande, en l'occurrence, quand on y pense.

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" - Tu verras ma Lucie, tu auras une meilleure vie !
  - Beuaaaarpppphh !"

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Son premier anniversaire arrivant, on se hâta chez les Passant : si elle avait eu de mauvais parents, il fallait marquer l'évènement, ce serait détraumatisant. Par prudence et pour faire beau, Simone acheta même deux gâteaux. Justin se moqua un peu d'elle, quand le second finit à la poubelle. Mais il était aussi un peu fâché, car ce n'est pas bien de gâcher. Ils n'eurent pas le loisir de plus longuement s'apesantir : depuis qu'elle avait passé son anniversaire, bien accrochée au cou de son père, sous le regard bienveillant de sa mère, ils avaient fort à faire.

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Simone trouvait fantastiques toutes ces notes de musique. La petite en mettait plein le séjour, quelle que soit l'heure du jour. Elle les distribuait joyeusement, et totalement aléatoirement. Simone n'était pas très mélomane, mais les voisins n'étaient pas fans : ils aimaient mieux Richard Cleyderman. Aussi vinrent-ils offrir un jeu de cube, pour occuper la succube.

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"Pour donner le goût de l'art, rien ne vaut les histoires ! Celle de l'ours à la salopette la fera voyager dans sa tête !". Simone écouta ce conseil avidement, et l'appliqua scrupuleusement. La fille des voisins était sa meilleure élève, mais Lucie prendrait bientôt la relève.

Je me permets tout de même d'en douter, aujourd'hui elle ne sait pas raconter.

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Simone trouvait l'ambiance plus monotone, elle regrettait le xylophone. Il avait mystérieusement disparu, sans doute le chien l'avait-il mordu.

Aussi, dès que Lucie sut marcher, lui apprit-elle à danser. Elle s'y fit un tour de rein, mais ce n'était trois fois rien, vu le bonheur qui était sien.

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Comme il se doit quand on y veille, Lucie devint une petite merveille. Elle put franchir dans son élan le cap de ses six ans. Ne voulant pas qu'on les déteste, les Passant jouèrent les modestes : "Si en des terres sans loi ni code, une petite merveille est peu fréquent, à Motherlode, c'est presque du tout venant. Que diraient donc les voisins, si on faisait moins bien ?"

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Comme la fois d'avant, Simone prit son regard bienveillant. Comme la fois d'avant, Justin fit un pas en avant et approcha la petite Lucie à distance de sécurité des bougies. On n'avait pas prit de deuxième gâteau, l'expérience rend moins sot. A quoi bon faire du zèle pour remplir la poubelle ? Pour faire bombance et festin, ils achetèrent une bouteille de vin. Ce n'est pas tous les jours la fête, mais, hélas, il donnait mal à la tête. Ils n'étaient pas fins connaisseurs, et n'avaient pas su choisir leur bonheur.

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Une bonne amie de la famille vint voir la petite fille, qui faisait sa poussée de croissance. Comme ils avaient de la chance ! Ils avaient tout pour être d'heureux parents, ces chers Simone et Justin Passant. Tous les foyers ont leur Marylène Bertin, regardez bien chez vos voisins.

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Pour l'entrée en école privée de Lucie, il n'y eut guère de souci : Simone y était institutrice, et sa cuisine un vrai délice. Lionel Fleury était d'ailleurs un ami. Simone l'affirma à Lucie :  "Comme dit l'expression, c'est un peu ma deuxième maison !"

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La soirée se déroula entre bons amis et l'on échangea des mots d'esprit : Simone raconta l'histoire des deux gâteaux, et remplit le silence de prévisions météo.

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Justin, en homme, commenta le taux de criminalité, qui rendait si dangereuse l'insécurité, Dieu merci pas chez eux, c'est leur problème à eux. Lionel était bien d'accord, politiquement ils étaient du même bord. Ca le reposait bien, cette soirée entre gens biens.

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Quand Lucie reçut le droit de s'exprimer, elle n'oublia pas de le rassurer : elle allait bien travailler, il serait très honoré. Quelle petite fille bien élevée, Lionel était flatté, il s'en délectait. Simone, elle, se gargarisait : elle l'avait fait répéter et sa langue n'avait pas fourché.

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Le jour de la rentrée, Lucie était très pressée. Elle s'assit au premier rang pour répondre aux questions de sa maman. C'est que l'ornithologie des oiseaux, elle aimait ça autant que les gâteaux. A claironner toutes les réponses bien haut, elle en fit même un peu trop.

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C'est ainsi qu'à la cantine, la fayotte se retrouva sans copine. Pour avaler sa bouille, elle n'avait pas le soutien d'amis.

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Heureusement pour cette enfant, elle ramena un beau 10/10, tant pis pour ceux qui avaient eu 6. Elle le montra à son papa, puisque sa maman le savait déjà, elle qui lui avait donné cette raison de claironner.

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Justin qui connaissait l'impartialité de Simone, félicita Lucie d'être aussi bonne.

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Ce beau travail d'équipe fut fêté par une belle bataille d'oreillers. Ils étaient tellement submergés de bonheur, ils pouvaient bien libérer leurs moeurs.

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Les Passant avaient une vie bien réglée, comme une horloge bien huilée. Quand Simone restait à part, pour faire la vaisselle du soir, Lucie racontait sa journée à un Justin passionné. Simone n'avait pas besoin d'écouter, elle y avait assisté. Elle n'allait pas encore s'en faire rabattre, elle n'en avait rien à battre.

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Justin lui faisait répéter ensuite ses leçons, avec toutes les intonations. Lucie mettait toujours bien le ton, surtout pour les récitations.

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Et quand elle avait tout bien récité, Justin lui donnait la permission d'aller jouer.

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Simone entre temps avait fini la vaisselle, elle se retrouvait avec elle. Elle lui faisait alors la lecture, surtout l'histoire de la petite voiture.  C'était une histoire pédagogique, émaillée de messages didactiques : elle lui apprenait à se méfier de tous les dangers, auxquels elle risquait de se confronter. Avant de traverser, il faut toujours bien regarder. Et le plus important : si un monsieur à l'air avenant, qu'elle n'avait jamais vu auparavant, lui proposait des bonbons, elle devait dire merci, sans façon, car ils n'étaient pas du tout bons.

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Lucie avait compris le principal, et comme elle le confia à son journal, à sa grande surprise, elle n'accepterait plus les friandises de certains monsieurs qu'elle connaissait non plus, car ils l'avaient trop déçue. C'est qu'en regardant par la fenêtre, elle avait vu derrière le hêtre, son voisin dérober leur nain de jardin, avec un air très gredin. Maintenant, c'était rapé, jamais son père ne voyagerait. Mais elle lui accorda son pardon, à défaut de prendre ses bonbons.

Simone et Justin pouvaient être fiers d'eux, elle était devenue comme eux.

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Le dimanche était son jour favori, on portait les beaux habits. Et aux louanges de la gloire, elle prenait sa modeste part : en digne fille de l'institutrice, elle était devenue lectrice. Elle avait un talent certain pour joindre ses petites mains et enjoindre ses prochains à suivre le bon chemin. Il fallait être clair, le royaume des cieux était ouvert...

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... à qui n'avait pas nui à son prochain en lui volant son nain de jardin. L'audace d'insérer du contenu personnalisé était heureusement appréciée. Simone était béate : Lucie serait une grande avocate.

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Lucie brûlait son cierge en faisant sa prière, même si elle trouvait un peu amer, que l'exaucement de ses voeux soit un peu longuet à se faire.

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Heureusement, il avait beau pleuvoir, son père la poussait sur la balançoire. Il ne fallait manquer à ses obligations, et la promenade était une tradition. C'était donc aussi sacré que la messe qu'ils s'étaient enquillée.

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Le dimanche étant jour d'exception, on me mangeait pas à la maison. Car comme disait Simone : "J'en ai marre d'être votre bonne ! Si le bon dieu a le droit de se reposer, je n'ai pas non plus à cuisiner !". Lucie aimait vraiment le restaurant, c'était meilleur que ce que faisait sa maman.

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Comme Simone tenait les cordons de la bourse, c'est elle qui faisait les courses. Avec Justin c'était trop compliqué, il rajoutait des choses dans le panier. Ca énervait beaucoup Simone, qui n'aimait pas qu'on déconne : "arrête de faire du hors piste, et tiens-t'en à la liste !". "Je vous laisse entre femmes", disait Justin pour éviter le drame.

Lucie pouvait jouer un peu au jeu d'arcade, c'était toujours une grosse marade. Elle aimait beaucoup l'épicerie, même si le propriétaire n'avait pas de chance, lui : son dieu à lui était très méchant, le dimanche il n'était pas fainéant. Mais c'était quand même bien pratique, alors elle ne plaignait pas trop ses pratiques.

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Tic tac tic tac, fait la pendule qui craque.

Le temps passait toujours doucement et tranquillement, Lucie n'était plus une enfant.

Simone et Justin ne comprenaient pas la télévision, les crises d'adolescence étaient une exagération. Justin aimait les théories du complot, il pensait même que c'était un mensonge pas beau. Les murs faits, les fugues et les gothiques, pour eux cela restait bien théorique : Simone était sereine, Lucie ne tchatait pas sur MSN.

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Elle les ravissait toujours les dimanches, par ses lectures comme un manche. Mais comme ils n'étaient pas impartiaux, ils trouvaient ça vraiment beau. Et sous un flot de compliments hypocrites, ils avaient même carrément la frite.

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Tic tac, tic... tac, tic........ tac, fait le réveil dont la pile claque.

Parfois, Lucie s'ennuyait quand même un peu, mais elle ne savait pas quoi faire de mieux...

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