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"J'me présente, je m'appelle Henri, j'voudrais bien réussir ma viiiiie, être aimééééééééééé"

Non j'déconne, faut dire que j'en ai bien besoin... Moi c'est Léo. Léo Pilgrim. Et je viens de faire une grosse, grosse boulette en signant un papelard sans lire les petits caractères... Une habitude à moi, ça, foncer tête baissée. J'avais pourtant juré qu'on ne m'y reprendrais plus, à la fin de la guerre. Oui, j'ai fait la guerre moi ! Vous vous imaginiez quand même pas que c'était un déguisement, non mais ! Léo Pilgrim, matricule 153148BYR, vétéran de la Guerre des Zarbmondes. Ah, vous faites moins les malins ! 

Une guerre horrible, que ça a été, la Guerre des Zarbmondes… Contre les aliens… Oui, oui, me regardez pas comme un cinglé perdu au milieu du désert, les petits bonshommes verts existent bel et bien, allez pas me faire votre Scully. Ils se sont mis à débarquer par centaines pour enlever par milliers les hommes dans la force de l’âge et faire des expériences atroces sur eux : ben, c’est bien simple, c’était comme dans Alien, le film, vous vous retrouviez à faire incubateur à monstre et finissiez le bide ouvert. Non, j’exagère pas ! J’ai vu des trucs horribles, j’vous dis !

Avec tout ce que j’ai vécu, maintenant, je n’aspire qu’au plaisir. Et aussi, à trouver l’amour de ma vie : le vrai, celui où ça fait comme 3 éclairs qui vous foudroient d’un coup, avec des petits cœurs qui volent de partout et plein d’électricité dans l’air. Ouais, j’sais, j’peux être poète à mes heures, on me l’a déjà dit. Bon, à la réflexion, on me l’a jamais dit, mais passons.

Parce que l’heure est grave, et, non, j'exagère pas. Avec la guerre, les soucoupes volantes, tout ça, le pays il est dans un sale état, c’est marasme et compagnie. Tout juste si on trouve une offre de boulot une fois tous les 7 ans. Non, j’exagère toujours pas ! Et pour les vétérans comme moi, c’est encore plus difficile : on a bien mérité de la patrie, et maintenant, on est bon à jeter au rebut.

Du coup, quand j’ai entendu parler du programme de pionniers et de la nouvelle frontière à conquérir, j’y ai vu la chance de ma vie. Enfin, c’est ce que je croyais… Le gouvernement, il offre un lopin de terre à tous les pionniers prêts à coloniser le désert. Oui, vous avez bien lu, c’est DONNE. Et quand je dis lopin, c’est de terrain immense dont il est question. Mais attention, offre limitée aux plus motivés des premières candidatures. Alors forcément, j’ai signé tout de suite. Et n’allez pas me dire qu’avec mon teint de navet, j’aurais dû me méfier du cagnard !

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Et là, c'est la déconfiture… je viens d’arriver à New Frontier, avec mes 1500 simoléons en poche – toutes mes économies - et de découvrir Erehwon, mon terrain. Ca pour être immense, c’est immense… de vide.

Non mais à quoi ils pensaient les ronds de cuir qui ont pondu ce programme ??? Dans le bus qui m’a amené ici, j’en revenais pas de voir toutes ces belles routes toutes bien goudronnées… et voilà que je me fais débarquer au bord de ladite route, au milieu de nulle part, et que le chauffeur me balance goguenard qu’on est arrivé !  "Bonne chance", qu’il m’a lancé, l’enflure. Alors voilà… New Frontier c’est des routes, des panneaux de circulation à tous les croisements… et RIEN de RIEN à part ça !

Vous vous imaginez bien que j’ai voulu repartir aussi sec. Et ben, c’est là que j’ai lu les petits caractères : une fois qu’on a signé, on est coincé, à moins de payer 5 millions de simoléons... Ben voyons, et pourquoi pas hypothéquer la vie de mes descendants sur 10 générations, tant qu’ils y sont, les comiques du gouvernement!

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Mon brave Ghédon, admire notre étendue de rien, ses routes goudronnées et ses panneaux de circulation qui jalonnent notre horizon !

Que je vous présente mon clebs : Armaghédon, mon fidèle compagnon, catastrophe sur pattes de son état. Il sait rien faire et n’obéit jamais. Mais je lui dois la vie. J’ai été blessé par un éclat de soucoupe volante, et, sans lui qui aboyait comme un goret, on m’aurait jamais retrouvé. Je suis loin d’être sûr qu’il ait fait exprès, mais, depuis, il m’a plus quitté. Faut dire que je le nourris, et Ghédon, la reconnaissance du ventre, c’est son moteur.   

Mon vieux père, on est coincé ici comme des couillons !

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